Sarkozy déboule aux Antilles

Publié le par Antoine Guiral, le Quotidien

En visite, le candidat UMP entend surfer sur la question identitaire.

Par Antoine GUIRAL

QUOTIDIEN : vendredi 23 mars 2007

Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) envoyé spécial

 

Commando électoral aux Antilles. Quelques semaines après Ségolène Royal et sept jours seulement avant François Bayrou, Nicolas Sarkozy sacrifie à ce rituel de la présidentielle qui veut qu'un candidat en vue effectue un périple éclair en Guadeloupe et en Martinique. Débarqué hier soir à Pointe-à-Pitre, le président de l'UMP a aussitôt tenu un meeting dans la commune des Abymes. Il devait à cette occasion réitérer ses principales propositions pour l'outre-mer : la création d'une zone franche globale (un territoire entier passe sous le régime de la zone franche en identifiant des secteurs prioritaires et en offrant des avantages fiscaux aux investisseurs) et l'approfondissement du système de défiscalisation pour les investissements outre-mer. Mais, au-delà, il veut surtout profiter de ce séjour pour surfer sur la question identitaire, très prégnante dans ces îles, et insister sur ses projets en matière de discrimination positive.

 

A un mois de la présidentielle, il est persuadé que c'est sur ces thématiques qu'il peut faire la différence. Localement , mais surtout auprès du million d'ultramarins de métropole (le ministère de l'Outre-Mer estime par ailleurs à trois millions le nombre de métropolitains aux origines d'outre-mer).

Depuis un an, le candidat a beaucoup ramé pour gommer les effets désastreux de la loi UMP de 2005 sur le «rôle positif» de la colonisation (abrogée). Il avait dû annuler un voyage aux Antilles en décembre 2005 avant de faire acte de contrition dans une lettre ouverte aux Antillais puis de se rendre sur place, en mars 2006, dans une relative indifférence. Il espère donc se refaire une virginité en promettant de lutter contre les discriminations dont sont victimes ces populations et en acceptant de répondre à nombre de revendications sur des sujets touchant à l'histoire (notamment l'esclavage) et à la culture.

En quête de crédibilité, Sarkozy s'est acoquiné avec le bouillant Patrick Karam, dont il a fait le président de la coordination de ses comités de soutien des originaires d'outre-mer. Ce Guadeloupéen de père libanais a le verbe haut. A la tête de ses comités (une centaine en métropole et une présence partout outre-mer, selon lui), il a formulé et présenté lundi au QG de l'UMP à Paris un ensemble de dix-huit propositions reprises pour la plupart par Sarkozy. Parmi elles, certaines apparaissent en parfaite contradiction avec l'affirmation maintes fois répétée ces derniers temps par le candidat-ministre de ne pas verser dans le communautarisme et la repentance.

La première proposition de Karam consiste en l' «instauration d'une journée de commémoration hexagonale de la mémoire des victimes de la traite et de l'esclavage en plus de celle de la commémoration de l'esclavage le 10 mai [décidée par Jacques Chirac, ndlr] ». Autres propositions : la création «au sein de la police nationale d'une police des discriminations», celle d'un préfet à l'égalité des chances pour les quatre DOM et les ultramarins de métropole, ou encore l'obligation pour chaque parti politique, via une dose de proportionnelle, de présenter des listes de candidats aux élections prenant en compte la «diversité de la population française». Le ministère de l' «Identité nationale» que Sarkozy entend jumeler avec celui de l'Immigration va avoir du pain sur la planche.

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Publié dans IDENTITE NATIONALE

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