Paris Maghreb Infos (un service de PlaNet DZ - www.planet-dz.com) lance le débat sur la présidentielle 2007.
L'objectif que nous poursuivons est de présenter et de clarifier les propositions des candidats en relation avec les préoccupations des franco-maghrébins : politique de la ville, lutte contre les discriminations, immigration, coopération avec le Maghreb, politiques de visas, paix au Moyen-Orient, identité nationale, ...

Nous souhaitons vous permettre de mieux apprécier les positions des candidats sur des questions qui nous paraissent essentielles et dont nous tiendrons compte pour nous déterminer.
Pour cela, nous accueillons toutes les informations, articles, réactions, commentaires, prises de positions sur les positionnements des candidats liés à nos préoccupations

 

Paris Maghreb Infos ne prendra bien sûr position en faveur d'aucun candidat. Nous veillerons cependant à présenter les positions des principaux candidats sur les thèmes que nous jugeons importants, quitte à les interpeller dans les prochains jours si leurs orientations ne sont pas clairement exposées.

Nous publierons dans 30 jours un tableau récapitulatif qui synthétisera les positions des principaux candidats sur les thèmes jugés prioritaires par les franco-maghrébins.

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Samedi 31 mars 2007
Sarkozy et Royal : le patriotisme, prélude à l'Europe
TF1/LCI Election présidentielle 2007 Un drapeau à la fenêtre d'une mairie
Crédit Photo : shx.hu 
Un drapeau à la fenêtre d'une mairie

Interview- Selon Lucien Jaume, directeur de recherche au CNRS, les deux candidats évoquent la patrie pour préparer les Français au débat sur l'Europe.

Une question capitale pour ces "deux Européens convaincus".

Propos recueillis par Matthieu DURAND - le 27/03/2007 - 15h13

 

LCI.fr : Nationalisme, patriotisme, immigration, identité nationale... en évoquant ces thèmes, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal font-ils le jeu du Front national, comme il leur est reproché ici et là ?

Lucien Jaume (1) : Concernant Nicolas Sarkozy, il faut partir du discours qu'il a prononcé le 15 mars à Nantes. Il a déclaré que la France est un pays d'immigration et que celle-ci ne saurait porter atteinte à l'identité française. Il a rappelé les fondamentaux de la République et de la Révolution française : la séparation entre le privé et le public, entre le religieux et le politique, la liberté d'opinion, l'éducation... Il a précisé qu'il est un "Français au sang mêlé", heureux de s'être intégré à la société française. Il a jugé positive la loi qui reconnaît la traite et l'esclavage comme des crimes contre l'humanité. Dans ce même discours, il s'est démarqué de la préférence nationale et de l'idée de la France aux Français, qui sont deux thèmes du Front national, mais aussi du racisme et de l'antisémitisme.

Ségolène Royal a pour sa part réexpliqué ce qu'est la Marseillaise et défendu la présence de drapeaux tricolores aux balcons. Depuis Jaurès, en passant par Mitterrand, ce patriotisme s'inscrit dans une tradition socialiste héritée de la Révolution française. Certes, il y a, chez les deux candidats, un côté provocateur : le drapeau chez Royal, le ministère de l'immigration et de l'identité nationale chez Sarkozy. Mais chacun rappelle dans un premier temps ce qu'est la France, à savoir que l'identité nationale, c'est un ensemble de valeurs et de principes républicains, pour pouvoir ensuite aborder la question de l'Europe.

LCI.fr : Que voulez-vous dire ?

L. J. : A mon avis, Sarkozy et Royal, qui sont deux Européens convaincus, préparent l'opinion française au moment d'explication sur l'Europe. Le "non" à la Constitution européenne pèse sur la conscience collective des Français. Aujourd'hui, la question est de savoir si nous voulons de l'Europe et quelle Europe nous voulons. Pour répondre à cela, il n'y a pas d'autre moyen que d'expliquer qu'on peut être Français, Européen et ouvert à la mondialisation.

LCI.fr : Pourquoi est-ce délicat d'aborder cette question du patriotisme en France ?

L. J. : Historiquement, c'est lié au régime de Vichy puis à la difficulté de penser à une Europe qui soit à la fois une et diversifiée. Il y a eu une culpabilité sur notre Histoire. Or, la repentance est un phénomène politique très dangereux. Nous avons besoin d'un bilan sérieux du colonialisme, du fait religieux, de la diversité... autant de thèmes qu'il faut enseigner à l'école.

Nous avons connu 15 à 17 constitutions dans notre Histoire quand les Britanniques et les Américains n'en ont connu qu'une. Chez eux, c'est le pouvoir judiciaire qui est le garant de la constitution et qui suit également l'évolution de la société. Prenez le film Philadelphia, ce sont un juge et un avocat qui sont la clé de la question homosexuelle aux Etats-Unis. Nous allons devoir nous rapprocher de ce modèle : on ne pourra gérer la diversité française que par de très bons juristes.

(1) Lucien Jaume est directeur de recherche au CNRS et enseignant à Sciences Po Paris

par Interview Lucien Jaume / CNRS publié dans : IDENTITE NATIONALE
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