Paris Maghreb Infos (un service de PlaNet DZ - www.planet-dz.com) lance le débat sur la présidentielle 2007.
L'objectif que nous poursuivons est de présenter et de clarifier les propositions des candidats en relation avec les préoccupations des franco-maghrébins : politique de la ville, lutte contre les discriminations, immigration, coopération avec le Maghreb, politiques de visas, paix au Moyen-Orient, identité nationale, ...

Nous souhaitons vous permettre de mieux apprécier les positions des candidats sur des questions qui nous paraissent essentielles et dont nous tiendrons compte pour nous déterminer.
Pour cela, nous accueillons toutes les informations, articles, réactions, commentaires, prises de positions sur les positionnements des candidats liés à nos préoccupations

 

Paris Maghreb Infos ne prendra bien sûr position en faveur d'aucun candidat. Nous veillerons cependant à présenter les positions des principaux candidats sur les thèmes que nous jugeons importants, quitte à les interpeller dans les prochains jours si leurs orientations ne sont pas clairement exposées.

Nous publierons dans 30 jours un tableau récapitulatif qui synthétisera les positions des principaux candidats sur les thèmes jugés prioritaires par les franco-maghrébins.

A VOS CLAVIERS

LE DEBAT EST OUVERT!
L'équipe de paris Maghreb Infos 

 

Lundi 26 mars 2007

 

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-887817,0.html

Ségolène Royal est plébiscitée par les Français d'origine africaine, selon un sondage IFOP pour le magazine Jeune Afrique, réalisé du 7 au 9 mars et publié lundi 26 mars : 57 % des sondés voteraient pour elle au premier tour, soit plus du double de ses intentions de vote dans l'ensemble de la population, selon la dernière enquête IFOP, réalisée les 22 et 23 mars.

Parmi les autres candidats, loin derrière, c'est François Bayrou qui se place deuxième : il est crédité de 19 % d'intentions de vote. Nicolas Sarkozy en recueille 11 %, bien en deçà de son score dans l'ensemble de la population. "Tous les autres candidats proposés obtiennent un score inférieur à 5 %", décrit l'IFOP.

Pour mener cette enquête, l'IFOP précise avoir interrogé en face-à-face un échantillon de 526 personnes, constitué à partir de sondés "déclarant avoir un parent ou un grand-parent originaires d'un pays d'Afrique". Sur les 21 776 personnes interrogées pour les quatre vagues du baromètre politique français, réalisé pour le Cevipof, 806 étaient dans ce cas. Une liste que l'institut a actualisée pour obtenir l'échantillon utilisé pour Jeune Afrique. Ainsi, selon l'IFOP, les Français d'origine africaine représenteraient 3,5 % à 4 % de l'électorat français.

Le score de Ségolène Royal est supérieur à la moyenne chez les moins de 35 ans (64 %). Celui de Nicolas Sarkozy chez les plus de 50 ans (20 %).

 PLUS INDÉCIS QUE LA MOYENNE

"Par ailleurs, l'origine géographique met en relief des clivages marqués,
précise l'IFOP. Si Ségolène Royal fédère davantage les Français originaires d'Afrique subsaharienne (70 %, contre 54 % pour ceux du Maghreb), le candidat UDF bénéficie d'un meilleur score auprès des Français dont les familles viennent d'Afrique du Nord (21 %, contre 9 %), de même – mais dans une moindre mesure – que Nicolas Sarkozy (12 %, contre 7 %)." Mais l'IFOP ne précise pas la proportion de sondés originaires du Maghreb et d'Afrique subsaharienne dans son échantillon.

Jean-Marie Le Pen n'obtiendrait que 1 % des voix. A la gauche du PS, Olivier Besancenot arrive en tête, avec 4 % d'intentions de vote, devant José Bové (3 %), Marie-George Buffet (2,5 %), Arlette Laguiller (2 %) et Dominique Voynet (0,5 %). Point surprenant : ni Philippe de Villiers (Mouvement pour la France), ni Gérard Schivardi (soutenu par le Parti des travailleurs), ni Frédéric Nihous (Chasse, Pêche, Nature et Traditions) n'apparaissent dans les résultats.

L'IFOP souligne qu'"une proportion relativement importante (14 %) n'a pas encore fait son choix pour le premier tour (contre 5 % au niveau national)".

Au second tour, Mme Royal l'emporterait très largement sur M. Sarkozy avec 85 % des voix contre 15 %. Elle battrait également M. Bayrou avec 71 % des suffrages contre 29 %. Dans l'hypothèse d'un second tour opposant le candidat de l'UDF à celui de l'UMP, c'est M. Bayrou qui serait vainqueur avec 83 % des voix, contre 17 %. Des éléments qui suggèrent que les Français d'origine africaine sondés sont avant tout opposés au candidat de l'UMP.

par Le Monde AFP publié dans : SONDAGES ET DIVERSITE
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Lundi 26 mars 2007

Dans la France de l'après-21 avril, et alors qu'un tiers des Français se déclarent racistes, le débat public devait inéluctablement se focaliser sur "l'identité nationale".

Mais il faut une certaine mauvaise foi pour confondre les mots de Royal et ceux de Sarkozy. Avec "l'immigration subie" et le "ministère de l'identité nationale", Sarkozy prône un nationalisme exacerbé, une France fermée, voire ethno-centrée (voir ce qu'en dit Patrick Weil sur ce blog). D'ailleurs, puisque les mots sont importants ici, il est intéressant de noter que Sarkozy érige la maîtrise de la langue française en barrière et non en outil d'ouverture. La langue française devient une "condition au regroupement familial" (espèrons que les conjoints de nos expatriés ne seront pas expulsés de Chine ou de Côte d'Ivoire parce qu'ils parlent mal le mandarin ou le bété, ou que les 10% de Français illettrés dans notre pays ne deviendront pas apatrides). Avec Nicolas Sarkozy, les mots - les gros en particulier - peuvent coûter cher, puisqu'avec la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi) de 2003, le délit d'« outrage » au drapeau ou à l'hymne national est sanctionné par un emprisonnement de 6 mois et 7 500 euros d'amende.

Royal tient un discours radicalement différent et a très souvent parlé - une première pour un présidentiable - de "République métissée". Surtout, Sarkozy présente systèmatiquement le modèle français d'intégration comme "en panne", alors que Royal a plusieurs fois appelé à "ne plus distinguer les enfants de France selon qu'ils sont issus de l'immigration ou non".

Alors que Le Pen se rend en pélerinage républicain à Valmy et Sarkozy ordonne "La France, tu l'aimes ou tu la quittes", comment reprocher à la gauche de leur disputer les symboles qu'ils tentent, habilement, d'accaparer ou de détourner ? Face à l'acception exclusive du mot "Nation" employé par Sarkozy, Royal propose de revaloriser le projet de nation politique - en tant qu'avenir commun - en France.

Certes Ségolène Royal s'emballe un peu sur le "drapeau à la maison". Mais la France rassemblée autour de son équipe de foot "black-blanc-beur" en 1998 et 2006, qu'agitait-elle et que chantait-elle, des quartiers Nord de Marseille à la Rade de Brest, sinon des drapeaux tricolores et La Marseillaise ? Tous ces fils d'Arabes, de Béarnais, de Portugais et d'Alsaciens, tous maurrassiens ?

Le positionnement de l'extrême gauche, toujours prompte à blâmer le voisin socialiste plutôt que l'adversaire UMP, est étonnant. Bové, Besancenot sont "choqués". Laguiller - vous vous souvenez, celle qui n'appelait pas à voter contre Le Pen en 2002 - n'épargne pas non plus Royal. Au delà du lien intime entre la Marseillaise et la Révolution, il est étrange que les défenseurs de la diversité culturelle, et les nonistes zélateurs farouches du "modèle social français" (tous combats que je partage), il est étrange donc qu'ils critiquent la volonté de Royal de redonner à tous le bonheur d'être Français, alors que tant de citoyens se sentent oubliés.

Seule parole de bon sens, couverte par les cris d'orfraie, celle de Marie-George Buffet, qui a estimé, samedi 24 mars, lors d'un meeting à Nantes que ces "deux symboles appartiennent au peuple" et qu'"on ne va pas se les disputer comme des bouts de chiffon". 

Avis aux amateurs, je poursuis ce débat demain, mardi soir, chez Frédéric Taddéï sur France 3 dans Ce soir ou jamais. Et vous, vous avez quel drapeau à la maison ?

Mehdi Ouraoui.

par Mehdi Ouraoui. publié dans : IDENTITE NATIONALE
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Dimanche 25 mars 2007

LEMONDE.FR avec AFP | 23.03.07 | 20h08  •  Mis à jour le 23.03.07 | 21h16

 

François Bayrou a commencé, vendredi 23 mars, à la Réunion, un voyage de deux jours dans l'océan Indien. "Si on cherchait un mot qui dise ce que la France devrait être, on devrait l'appeler Réunion", a déclaré le candidat UDF à la présidentielle, soulignant qu'"ici, par la force de l'Histoire, toutes les communautés vivent ensemble, se respectent".

 

Lors d'une réunion publique à Saint-Denis, qui a rassemblé quelque 700 personnes enthousiastes, il a reçu en cadeau une petite tortue africaine, symbole "de persévérance et de sagesse". Ne pouvant la ramener en métropole, "je vous la confie", a-t-il dit, avant de lancer : "Je reviendrai voir comment elle va quand je reviendrai comme président de la République !" M. Bayrou voit sa stagnation dans les sondages comme une simple "consolidation".

 

Il s'en est pris une nouvelle fois, sans le nommer, à son rival UMP Nicolas Sarkozy, dont il a déjà critiqué à plusieurs reprises la proposition de ministère de l'immigration et de l'identité nationale. "Il faut empêcher que cette campagne électorale ne dérape sur les thèmes de l'immigration et de la nation, a-t-il estimé. Je voudrais que la France fût un pays en train de se rassembler, non de se déchirer." "Je ne suis pas de ceux qui disent qu'il n'y a pas de difficultés" dans le domaine de l'immigration, a toutefois ajouté M. Bayrou, qui, à la veille d'une visite à Mayotte, où un tiers de la population est clandestine, s'est déclaré favorable à une remise en cause du droit du sol en Guyane et à Mayotte.

 

LA GAUCHE MAJORITAIRE

 

A son arrivée vendredi matin à l'aéroport de Saint-Denis, M. Bayrou était attendu par une petite centaine de personnes qui lui ont réservé un accueil chaleureux au son du "Maloya", chant traditionnel, criant "Bayrou président !". Au marché des camélias, dans un quartier difficile de Saint-Denis où il s'était rendu lors de sa précédente visite dans l'île, fin décembre, le candidat a également été entouré, encouragé, questionné, même si certaines personnes avouaient ne pas le connaître. Un homme l'a interpellé d'un sonore : "M. Baroin", du nom du ministre de l'outre-mer, également prénommé François.

 

Le candidat UDF s'est également rendu dans le sud de l'île pour visiter une fabrique de produits laitiers et rencontrer des éleveurs dont l'activité avait été affectée par le passage du cyclone Gamède fin février. Accompagné du maire UDF de Saint-Louis, Cyrille Hamilcaro, il a survolé en hélicoptère des sites de la côte ouest touchés par le cyclone, notamment le pont de la rivière Saint-Etienne, qui avait été détruit.

 

La Réunion vote majoritairement à gauche, et en 2002 M. Bayrou n'y avait recueilli que 2,5 % des voix. Un récent sondage Ipsos le plaçait dans l'île à 10 % d'intentions de vote au premier tour, nettement moins que les sondages nationaux, où il se situe actuellement entre 17 % et 21 %, après avoir atteint 24 %.

 

 

avec AFP | 23.03.07 | 20h08  •  Mis à jour le 23.03.07 | 21h16
par AFP / Le Monde publié dans : IDENTITE NATIONALE
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Dimanche 25 mars 2007

 

LE MONDE | 24.03.07 | 14h25  •  Mis à jour le 24.03.07 | 14h41

François Bayrou a pris goût à l'outre-mer. Son déplacement à la Réunion, où il est arrivé vendredi 23 mars, est le troisième séjour qu'il effectue en huit mois dans ce département d'outre-mer. Dans la matinée, il s'est rendu dans le quartier des Camélias, à Saint-Denis de la Réunion, où il a retrouvé certaines familles en difficulté qu'il avait déjà rencontrées lors de précédentes visites. Mais sa notoriété n'a pas encore gagné toute l'île, comme en témoigne le chaleureux "bravo monsieur Baroin", du nom du ministre de l'outre-mer, que lui a adressé un passant.

 

En soirée, le candidat centriste a tenu un meeting devant 700 personnes. Il a plaidé pour "une politique adaptée à chaque île". Et s'est notamment prononcé pour une réorientation de la défiscalisation dont profitent les départements et territoires d'outre-mer vers le logement social.

 

Toutefois, alors que Nicolas Sarkozy était au même moment aux Antilles, M. Bayrou n'a pas manqué de lui adresser une vigoureuse mise en garde, lui reprochant de chercher à "gagner des voix en excitant les uns contre les autres". "Il faut empêcher que cette campagne ne dérape, notamment sur les thèmes de l'immigration et de la nation, a-t-il lancé. C'est dangereux quand on commence à désigner une catégorie de citoyens, à creuser entre nous des sentiments de haine qui font des dégâts considérables."

 

De même samedi matin, a-t-il rajouté qu'il ne fallait pas tomber "dans la névrose perpétuelle de l'identité" en réaction, cette fois, au souhait de Ségolène Royal de voir les Français avoir chez eux un drapeau tricolore qu'ils pourraient exposer à leurs fenêtres le 14 juillet. "Cela ne ressemble pas à mon pays. Tout cela c'est la société américaine", a-t-il poursuivi. "Je crois que les deux candidats ont un problème avec cette obsession nationaliste. C'est comme si les thèmes de Jean-Marie Le Pen étaient en train d'envahir l'esprit de ces deux candidats-là. Eh bien, moi, ils n'envahissent pas le mien."

 

Lors de son déplacement, le président de l'UDF a exprimé en revanche la crainte que l'afflux d'immigrés en situation irrégulière à Mayotte ne crée de "graves déséquilibres". Vendredi après-midi, il s'était déclaré "favorable à ce que la nationalité française ne soit plus automatique, dès l'instant qu'en Guyane ou à Mayotte on est venu simplement pour accoucher sur le territoire national". "Je suis un antiraciste viscéral, mais je suis aussi en charge d'avoir un équilibre dans la population. Quand on est un humaniste, on doit être, dans ces affaires, ferme", s'est défendu le candidat de l'UDF.

 

M. Bayrou avait déjà soutenu cette position et apporté son soutien au ministre de l'outre-mer, François Baroin, lorsque celui-ci avait évoqué, en septembre 2005, la remise en cause du droit du sol, notamment à Mayotte, pour répondre à cette situation. Ses propos avaient alimenté une vive polémique et une mission parlementaire avait été constituée afin d'étudier la situation. Laquelle, tout en jugeant l'immigration clandestine à Mayotte "massive et déstabilisatrice", avait conclu qu'il convenait avant tout de "se donner les moyens d'appliquer le droit existant".

 

Patrick Roger

 

 

 

par Patrick Roger - Le Monde publié dans : IDENTITE NATIONALE
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Dimanche 25 mars 2007

 

Opération spéciale Villeurbanne

 

Ségolène Royal est venue les mains vides au parlement des banlieues de Villeurbanne. C’est un manque de savoir vivre certain compte tenu de l’accueil que ses hôtes de l’association Agir Pour la Citoyenneté lui avaient réservés pour la neuvième édition de cette agora des quartiers populaires.

Une salle toute acquise. Plus de 2000 personnes dans cette région symbole, berceau de « la marche des beurs ». De quoi faire carton plein. En novembre dernier, la candidate socialiste s’était engagée, lors du pacte de Bondy, à revenir après une phase d’écoute pour faire des propositions concrètes.

Karim Zéribi, président du parlement des banlieues avait chauffée la salle à blanc dans un discours survolté, signifiant à la candidate qu’il avait le cœur à gauche et qu’il comptait sur son camp pour enfin porter un vrai projet politique en direction des quartiers populaires. Il a conclu son intervention en lançant à Ségolène Royal « j’ai un mot à transmettre, ne nous décevez pas ! ». Avec une telle entrée en matière et une salle debout pour accueillir la candidate, on s’attendait à ce qu’elle sorte quelques propositions fortes, à ce qu’elle se distingue de ses adversaires mais il faut se rendre à l’évidence, Ségolène Royal a déçu. Visiblement fatiguée, elle est partie dans un long discours passe partout avec lequel elle a eu du mal à convaincre son auditoire.

Nicolas Sarkozy interdit de séjour dans certains quartiers donnerait sa chemise pour une salle comme celle là. Plus de 2000 personnes en plein milieu d’un quartier populaire, il doit en rêver la nuit. A moins d’un mois de la présidentielle, Ségolène Royal a eu cette opportunité mais elle n’en a rien fait. Visiblement, Le parti socialiste n’a toujours pas compris qu’il ne suffisait plus de se baisser pour ramasser les voix des banlieues. Il n’a pas saisi que les habitants des quartiers populaires attendaient un peu plus que de la compassion et des bons sentiments, mais voulaient du concret.

En novembre dernier, Idir,
un de nos Blogueurs avait interpellé Ségolène Royal pour lui demander pourquoi le PS était tellement en retard sur les questions de la diversité et pourquoi c’était l’UMP qui avait nommé des ministres issus de l’immigration. La candidate ne lui avait pas répondu. La politique se fait aussi avec des symboles et il faut croire que la gauche peine à le comprendre.

Mohamed Hamidi

par Mohamed Hamidi publié dans : BANLIEUES
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